Changementde statut Ă©tudiant Ă vie privĂ©e, vie familiale. Bonjour, j'ai besoin de votre aide. VoilĂ , je suis de nationalitĂ© algĂ©rienne en France depuis 1 an et demi avec un visa dâĂ©tude. Je suis mariĂ©e depuis le mois de JUIN dernier Ă un français dâorigine al
Leschangements de statut les plus frĂ©quents sont celui dâun titre de sĂ©jour Ă©tudiant Ă salariĂ©, celui de vie privĂ©e et familiale Ă salariĂ© et celui du titre temporaire au pluriannuel. Ce changement doit ĂȘtre effectuĂ© 2 mois au plus tard avant lâexpiration du titre de sĂ©jour actuel.
Cartede sĂ©jour de vie privĂ©e et familiale pour un titulaire dâune rente dâaccident du travail ou de maladie professionnelle dâun an : 75 âŹ, Carte de sĂ©jour dâĂ©tudiant et stagiaire dâun an : 79 âŹ, Carte de sĂ©jour de scientifique et artiste dâun an (renouvellement) : 225 âŹ, Carte de sĂ©jour pluriannuelle Ă©tudiante : 75 âŹ, Carte de sĂ©jour pluriannuelle scientifique et
Vay Tiá»n TráșŁ GĂłp Theo ThĂĄng Chá» Cáș§n Cmnd Há» Trợ Nợ Xáș„u. 1La question de savoir si nos sociĂ©tĂ©s connaissent une Ă©rosion progressive de la vie privĂ©e est au cĆur des conflits politiques et des dĂ©bats intellectuels des derniĂšres annĂ©es. Face Ă lâessor de lâinformatique ubiquitaire et des big data, des grandes plateformes du Web social et des dispositifs mobiles, lâopinion publique oscille entre postures apocalyptiques et enthousiasmes parfois calculĂ©s Ă lâannonce de la fin de la vie privĂ©e » [Arthur 2012]. Quoique largement hypothĂ©tique, ce processus ouvre la voie Ă des abus tout autant de la part d'entreprises privĂ©es que des pouvoirs Ă©tatiques. De la dĂ©couverte dâĂchelon 2000 Ă lâaffaire PRISM 2013, la mise en place dâun vaste complexe militaro-informatique, collectant des donnĂ©es personnelles de milliards dâutilisateurs de dispositifs numĂ©riques, ne fait plus de doute. 2Mais, plus inquiĂ©tante encore que le repĂ©rage passif ou la fouille systĂ©matique de donnĂ©es circulant sur des rĂ©seaux numĂ©riques, il y a l'impression que ces tendances ne rĂ©vĂšlent un glissement profond de notre systĂšme de valeurs, des attitudes des utilisateurs mĂȘmes, de plus en plus tolĂ©rants envers lâinspection de leur vie personnelle, voire mĂȘme dĂ©sireux de participer Ă la surveillance dont ils font l'objet. Si certains critiques se sont empressĂ©s de dĂ©noncer la mise en Ćuvre d'un rĂ©gime de surveillance participative » [Casilli 2011 ; Albrechtslund 2008], des livres populaires ont saluĂ© l'avĂšnement inĂ©luctable d'une nouvelle philosophie collective de publitude » publicness [Jarvis 2011] et de transparence en rĂ©seau. 3Pour problĂ©matiser cette hypothĂšse, il est avant tout nĂ©cessaire de reconnaĂźtre le rĂŽle des acteurs industriels numĂ©riques dans la promotion active de modalitĂ©s dâinteraction en rĂ©seau de moins en moins privĂ©es ». Facebook une entreprise de morale » 4Comme sur le lieu d'un crime, il vaut toujours la peine de revenir sur le moment oĂč un mensonge a Ă©tĂ© prononcĂ© en public. Maintes fois commentĂ©e et analysĂ©e, lâentrevue du 8 janvier 2010 entre le fondateur du blog TechCrunch, Michael Arrington, et le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, est lâun de ces moments. La scĂšne a lieu dans un théùtre de San Francisco, Ă lâoccasion de la remise des Crunchies Awards. Assis sur des fauteuils rouges, les deux entrepreneurs dĂ©battent de lâĂ©tat actuel du Web social. Arrington Vous avez toujours repoussĂ© les limites de la vie privĂ©e. Autrefois, je crois, vous avez dit que ce qui vous surprend, c'est qu'aujourd'hui les gens vont volontiers divulguer des choses sur leur vie privĂ©e quâils ne voulaient pas divulguer il y a quelques annĂ©es. Pas seulement sur Facebook, mais sur le Web - oĂč va-t-elle la vie privĂ©e dans les deux prochaines annĂ©es ? » 1 M. Arrington Youâve always pushed the envelope on privacy. I think you said in the past that what ... Zuckerberg En effet, il est intĂ©ressant de regarder en arriĂšre, parce que quand nous avons commencĂ©, dans ma chambre d'Ă©tudiant Ă Harvard, la question que beaucoup de gens se posaient Ă©tait Dans tous les cas, pourquoi voudrais-je mettre de lâinformation sur Internet ?â Et puis, enfin, cinq ou six ans aprĂšs, vous savez, le blogging a dĂ©collĂ© d'une maniĂšre considĂ©rable, et tous ces diffĂ©rents services qui font en sorte que les usagers partagent toutes ces informations. Les gens dĂ©sormais se disent satisfaits non seulement de partager plus d'informations et de diffĂ©rents types, mais de façon plus ouverte et avec plus de monde. Cette norme sociale est tout simplement quelque chose qui a Ă©voluĂ© au fil du temps. »1 5En sâappropriant un concept central des sciences sociales â celui de norme â, Zuckerberg sâefforce surtout de gommer le jeu des acteurs impliquĂ©s dans la promotion, la transmission et l'application de cette norme. La norme nâest ici quâun ensemble de conduites informelles et de reprĂ©sentations collectives qui sâest affirmĂ©, Ă l'en croire, de maniĂšre spontanĂ©e. Les blogueurs, et tous ces diffĂ©rents services qui font en sorte que les usagers partagent » sont Ă©voquĂ©s, mais de maniĂšre sommaire et pour ĂȘtre simultanĂ©ment innocentĂ©s les architectures des services de networking seraient neutres, et dĂ©pourvues dâagentivitĂ©. Les entreprises du numĂ©rique â ajoute Zuckerberg â ne font que sâadapter Ă ce que les usagers font dĂ©jĂ 2 Zuckerberg We view it as our role to constantly be innovating and be updating what our system is ... Zuckerberg Nous croyons que c'est notre rĂŽle dâinnover constamment et de mettre Ă jour notre systĂšme pour qu'il reflĂšte ce que sont les normes sociales actuelles. »2 6Le processus de mise Ă distance des valeurs modernes de la privacy serait dĂ©jĂ en acte, et Facebook ne ferait quâĂ©pouser ce changement sociĂ©tal, qui transcende lâaction et la volontĂ© des concepteurs de la plateforme. Sa seule particularitĂ© â et le gage de son succĂšs â serait sa candeur de novice » et sa capacitĂ© Ă se dĂ©barrasser du lest des conventions pour embrasser le changement. Toutefois, c'est Ă cet instant mĂȘme que Zuckerberg se contredit, et qu'une incohĂ©rence suspecte s'affiche 3 Zuckerberg A lot of companies would be trapped by the conventions and their legacies of what the ... Zuckerberg Beaucoup d'entreprises seraient freinĂ©es par les conventions et l'hĂ©ritage de ce qu'elles ont construit avant. Un changement de rĂ©glages de la vie privĂ©e â un changement pour 350 millions d'utilisateurs â ce n'est pas ce que toutes les entreprises feraient. Mais nous pensions qu'il Ă©tait vraiment important de maintenir un regard de novices et⊠qu'est-ce que nous ferions si nous devions crĂ©er le service maintenant ?⊠et nous avons dĂ©cidĂ© que celles-ci seraient les normes sociales, et tout simplement nous les avons adoptĂ©es. »3 7Les responsables de la plateforme â l'entrepreneur atteste ici â ont bel et bien dĂ» trancher lâĂ©mergence de la norme sociale relative Ă la vie privĂ©e relĂšve dâune dĂ©cision active de leur part. Ils ne se limitent pas Ă suivre les normes, au contraire ils les dĂ©terminent. 8Câest lĂ que lâentreprise technologique se fait â pour reprendre un concept cher Ă la sociologie de la dĂ©viance â entreprise de morale », dĂ©clenchant un processus de sensibilisation du public Ă un enjeu donnĂ©, visant Ă mettre en Ćuvre des valeurs ayant trait Ă cet enjeu, et pouvant aboutir Ă la production et Ă lâapplication de rĂšgles formelles qui lui sont spĂ©cifiques. Si dans la dĂ©finition initiale de Howard Becker [1963], ces rĂšgles se concrĂ©tisaient typiquement dans une lĂ©gislation visant Ă rĂ©primer les actions interdites et Ă promouvoir des conduites cohĂ©rentes avec la nouvelle norme, dans ce contexte elles se manifestent dans le fonctionnement mĂȘme de la plateforme de networking social. Ainsi, une analyse des conditions gĂ©nĂ©rales dâusage de Facebook, Ă partir de sa crĂ©ation en 2005, livre une image assez claire du rĂŽle actif jouĂ© par les changements dâinterface et les politiques dâaccĂšs. La quantitĂ© et la visibilitĂ© des renseignements dĂ©rivant des profils individuels, accessibles Ă autrui par dĂ©faut, ont rĂ©guliĂšrement augmentĂ© au cours des derniĂšres annĂ©es fig. 1. Figure 1 - Ăvolution 2005-2010 de la privacy sur Facebook visibilitĂ© publique de diffĂ©rents Ă©lĂ©ments des profils personnels. [DonnĂ©es Ă©laborĂ©es par l'auteur. Sources Ăvolution of Privacy Policies on Facebook â a Panel Chart in Excel 9Un seuil critique se situe visiblement entre dĂ©cembre 2009 et avril 2010, date Ă laquelle toutes les informations analysĂ©es passent en modalitĂ© visible par dĂ©faut. Les propos de Mark Zuckerberg prennent alors l'allure d'un discours d'accompagnement pour un changement stratĂ©gique de son service, fonctionnel Ă l'affirmation d'une idĂ©ologie de la transparence en rĂ©seau ». La guerre culturelle autour de la vie privĂ©e en rĂ©seau 10Mais, pourrait-on rĂ©torquer, cette posture morale pourrait bien ĂȘtre, comme l'entrepreneur l'affirme, le miroir d'un changement d'attitude des publics. Or, des Ă©tudes ayant analysĂ© les pratiques de partage d'informations sur Facebook [Stutzman, Gross & Acquisti 2012], ont montrĂ© qu'au contraire depuis 2005 les utilisateurs se sont investis de plus en plus dans les mesures de protection d'un nombre croissant de donnĂ©es personnelles. Si des informations apparemment anodines tels les goĂ»ts musicaux ou littĂ©raires Ă©taient initialement partagĂ©es sans problĂšme, autour de 2009-2010 elles ont Ă©tĂ© mises en privĂ© », de la mĂȘme maniĂšre que des donnĂ©es habituellement considĂ©rĂ©es comme sensibles adresse, date de naissance, orientation sexuelle, affiliation politique, etc. 11Le discours des entrepreneurs de morale s'oppose donc aux pratiques des usagers. La transparence en rĂ©seau correspond moins Ă une Ă©volution linĂ©aire des comportements et des attitudes Ă l'Ă©gard de la vie privĂ©e qu'Ă une bataille culturelle autour des tentatives d'Ă©tablir un nouvel ordre normatif pour la sociabilitĂ© et la communication en ligne » [Van Dijck 2013 65]. Les fonctionnalitĂ©s de Facebook sont centrĂ©es sur les profils personnels, avec une insistance sur la proximitĂ© relationnelle et les liens Ă©motionnels entre chaque utilisateur et ses contacts, ou amis » friends â une terminologie faite pour Ă©voquer une vision irĂ©nique de l'harmonie sociale [Casilli 2010a, Doueihi 2011], mais qui sous-tend une connaissance et une utilisation, de la part de l'entreprise, des traits et contenus des profils ainsi que des relations sociales de chacun. Techniquement, Facebook est construit sur un algorithme EdgeRank qui Ă©value les contenus publiĂ©s, les pĂšse et les utilise pour faire apparaĂźtre des liens potentiels avec un ami ou ami d'ami » friend of a friend, FOAF. Ces caractĂ©ristiques, pourtant basiques, soulĂšvent la question de la vie privĂ©e avec son double statut, de ressource pour le mĂ©dia social et de sujet des prĂ©occupations potentielles pour les utilisateurs. 12Ces prĂ©occupations ne restent pas lettre morte, mais elles se manifestent Ă travers des actions concrĂštes de refus, tant sur le plan individuel non-usage, comportements disruptifs en ligne, obfuscation des informations personnelles [Brunton & Nissenbaum, 2011] que sur le plan collectif. Des sĂ©ries temporelles comme celle qui est reprĂ©sentĂ©e dans le tableau 1 montrent que la divulgation par dĂ©faut, progressivement plus Ă©tendue, des donnĂ©es personnelles des utilisateurs de Facebook, n'a nullement Ă©tĂ© linĂ©aire. Bien au contraire, cette Ă©volution a Ă©tĂ© trĂšs controversĂ©e, Ă©maillĂ©e d'incidents de confidentialitĂ© rĂ©cursifs, suivis de fortes rĂ©actions nĂ©gatives de la part de groupes d'utilisateurs organisĂ©s, des dĂ©cideurs politiques et du grand public. Ces Ă©pisodes ont trouvĂ© un Ă©cho important dans la presse de plusieurs pays, et l'entreprise a gĂ©nĂ©ralement Ă©tĂ© obligĂ©e de reculer. En regardant de plus prĂšs le pĂ©rimĂštre des dĂ©bats et les acteurs impliquĂ©s, on s'aperçoit qu'initialement, les utilisateurs exprimaient leur dĂ©saccord par le biais de pĂ©titions en ligne ou groupes de discussion â ce qui indique une nĂ©gociation privĂ©e plutĂŽt informelle et Ă petite Ă©chelle. La participation active des groupes de pression organisĂ©s, de la presse internationale, et d'importantes autoritĂ©s Ă©tatiques comme la Federal Trade Commission FTC aux Ătats-Unis et le Data Protection Commissioner DPC en Irlande, responsable de la rĂ©gulation de Facebook Europe, signalent Ă la fois la montĂ©e du niveau de conflictualitĂ© et l'institutionnalisation progressive de la controverse entourant la vie privĂ©e en rĂ©seau. Tableau 1 SĂ©quence temporelle des incidents liĂ©s Ă la vie privĂ©e sur Facebook. [Elaboration de l'auteur. Sources Public broadcasting system ; Electronic Privacy Information Center https // ; ; Timeline of Social Networking Privacy Incidents Cyberspace Law Committee, California Bar, 13/07/2010 13Bien sĂ»r des incidents similaires, accompagnĂ©s de contestations publiques et parfois de litiges, concernent d'autres entreprises d'Internet. Les questions qui se posent avec les mĂ©dias sociaux font bien apparaĂźtre non seulement les intĂ©rĂȘts commerciaux et les implications normatives inscrites dans les pratiques des entreprises du secteur numĂ©rique, mais aussi, et surtout, les rĂ©actions des utilisateurs, des dĂ©cideurs politiques et des associations de la sociĂ©tĂ© civile. En particulier, on constate qu'il y a toujours au moins un certain degrĂ© de rĂ©sistance Ă la mise en transparence indiscriminĂ©e des informations personnelles. Ces formes conflictuelles permettent Ă des groupes organisĂ©s d'usagers et de porteurs d'intĂ©rĂȘt extĂ©rieurs de manifester de façon rĂ©currente leurs exigences relatives Ă la protection de la vie privĂ©e. Une tension entre protection de la vie privĂ©e et construction du capital social en ligne 14Si, en dĂ©pit de ces formes de rĂ©sistance, l'Ă©nonciation de l'hypothĂšse de la fin de la vie privĂ©e » a Ă©tĂ© possible, c'est en raison d'un malentendu foncier relatif aux motivations d'usage des mĂ©dias sociaux. Trop souvent les analystes et les commentateurs ont pris pour une renonciation intĂ©grale Ă la privacy ce qui en rĂ©alitĂ© n'est que l'actuation de formes de dĂ©voilement stratĂ©gique d'informations personnelles Ă des fins de gestion du capital social en ligne. 15La littĂ©rature savante Ă ce sujet commence Ă peine Ă prendre la mesure de l'ampleur de ce malentendu. Les approches psychologiques, qui ont initialement dominĂ© les Ă©tudes sur la vie privĂ©e dans le Web social, avaient mis l'accent sur les big 5 les cinq dimensions principales de la personnalitĂ© des usagers, dont lâextraversion [Marcus, Machilek & SchĂŒtz, 2006]. Plusieurs auteurs ont suivi cette tendance, et insistĂ© sur les dĂ©terminants micro-sociologiques des comportements mĂ©diatisĂ©s par les TIC. Le dĂ©voilement de soi a alors Ă©tĂ© interprĂ©tĂ© comme une forme d' individualisme expressif » [Allard et Vandenberghe 2003], visant Ă produire et entretenir des identitĂ©s numĂ©riques » [Georges 2008]. Dans cette perspective, sans nĂ©cessairement dĂ©noncer le narcissisme » des usagers de blogs et de plateformes de communication Web [Leroux, 2010], il s'agissait principalement de distinguer des styles communicationnels et des typologies dâusagers, afin d'Ă©tablir si certains d'entre eux sont plus enclins Ă une sur-reprĂ©sentation de soi qui irait jusquâĂ parader » show-off sur les mĂ©dias sociaux [Aguiton, Cardon, Castelain, et al., 2009]. 16Ces patterns dâauto-exhibition » sont en fait corrĂ©lĂ©s Ă des diffĂ©rences socio-dĂ©mographiques que les Ă©tudes existantes en sciences sociales ont dĂ©jĂ mises au jour. Parmi ces diffĂ©rences, le genre a une incidence importante sur la quantitĂ© de temps passĂ© sur l'Internet, sur le choix et le type d'utilisation des services en ligne [Wasserman et Richmond-Abbott 2005 ; Fogel et Nehmad 2008]. L'Ăąge est Ă©galement pertinent, ce qui rejoint l'idĂ©e souvent admise que les jeunes gĂ©nĂ©rations d'utilisateurs d'Internet seraient beaucoup moins conservatrices en matiĂšre de privacy. Les risques d'une existence ouverte et traçable pour les adolescents et les enfants [Barnes 2006 ; boyd et Marwick 2011] polarisent encore davantage les rĂ©actions des dĂ©tracteurs ainsi que des partisans de la fin de la vie privĂ©e ». MalgrĂ© la rhĂ©torique ambiante autour du concept controversĂ© de digital natives, mĂȘme les utilisateurs les plus jeunes ne nĂ©gligent pas ces enjeux, montrant en rĂ©alitĂ© un tableau complexe et variĂ© de comportements. En particulier, le statut socioĂ©conomique influe sur la frĂ©quence d'usage des services de communication numĂ©riques, ainsi que le niveau des compĂ©tences informatiques, dont dĂ©pend la capacitĂ© des utilisateurs Ă ajuster les paramĂštres de confidentialitĂ© [boyd et Hargittai 2010 ; Hargittai 2010]. 17Dans la mesure oĂč elles ne permettent pas de valider ni de rĂ©futer l'hypothĂšse de la fin de la vie privĂ©e, ces orientations de recherche ont Ă©tĂ© progressivement dĂ©passĂ©es au profit d'approches plus attentives aux dimensions mĂ©so- et macro-sociales. Ainsi laisse-t-on de cĂŽtĂ© la catĂ©gorie dâ identitĂ© » pour regarder plutĂŽt la production de prĂ©sence en ligne » au travers de traces visibles qui documentent les activitĂ©s des usagers et leurs interactions avec autrui [Merzeau, 2010 ; Casilli, 2012 ; Licoppe, 2012]. Les enjeux personnels se font collectifs, et le dĂ©voilement de soi apparaĂźt de plus en plus liĂ© Ă la crĂ©ation de lien social en ligne, s'intĂ©grant dans de vĂ©ritables stratĂ©gies dâusage finalisĂ©es Ă la capacitation personnelle, professionnelle, culturelle ou politique. De ce fait, les pratiques de dĂ©voilement engagent des processus sociaux complexes de reconnaissance rĂ©ciproque des rĂŽles et des statuts [Granjon & DenouĂ«l, 2010]. 18La question des motivations de la rĂ©vĂ©lation de soi, de ses prĂ©fĂ©rences et conduites, laisse la place Ă l'Ă©tude des structures sociales des groupes humains et des collectivitĂ©s permettant une articulation entre Ă©lĂ©ments intimes et publics. Le regard des chercheurs se porte alors sur les modalitĂ©s de gestion du capital social des usagers au travers de l'ajustement de leur prĂ©sentation en ligne et de la mise en commun de dĂ©tails sĂ©lectionnĂ©s ayant trait Ă leur sphĂšre intime. La notion de capital social dĂ©signe dans ce contexte l'acquisition, via des relations mĂ©diatisĂ©es pas les TIC, de ressources matĂ©rielles, informationnelles ou Ă©motionnelles. Elle est inĂ©vitablement soumise Ă des contraintes et Ă des coĂ»ts, Ă laquelle la perte de privacy s'apparente se faire connaĂźtre oblige Ă sacrifier une partie de sa vie privĂ©e, afin d'attirer des connexions, notamment par des personnes pouvant sympathiser avec ses propres caractĂ©ristiques, pratiques et opinions [Casilli 2010b]. DĂ©voilement diffĂ©rentiel et intĂ©gritĂ© contextuelle des informations personnelles 19Ces Ă©tudes rĂ©centes permettent de jeter un nouveau regard sur les raisons pour lesquelles les utilisateurs peuvent ĂȘtre amenĂ©s Ă se dĂ©voiler. Non pas parce qu'ils seraient des victimes passives des agissements des concepteurs des plateformes sociales, ou encore parce qu'ils prĂ©senteraient des traits de personnalitĂ© les poussant Ă s'exhiber sur les rĂ©seaux » â mais parce que leurs usages sont rĂ©gis par une volontĂ© stratĂ©gique de gestion de leur capital social. 20Deux dimensions de la composition du capital social en ligne s'avĂšrent essentielles par rapport au souci de protection de la vie privĂ©e. La premiĂšre est la distinction entre capital social de bonding et de bridging. Le mot bonding dĂ©signe en anglais le capital social des membres d'un contexte trĂšs cohĂ©sif, caractĂ©risĂ© par des interactions intenses et frĂ©quentes, comme peut l'ĂȘtre une famille ou un groupe d'amis trĂšs proches. Le bridging, au contraire, dĂ©signe des connexions plus lĂąches entre individus faisant partie de contextes sociaux relativement Ă©loignĂ©s, par exemple gĂ©ographiquement distants, ou se frĂ©quentant rarement ou ponctuellement. AppliquĂ©s avec succĂšs Ă l'Ă©tude de rĂ©seaux sociaux antĂ©rieurs Ă Internet, ces concepts s'appliquent Ă©galement aux rĂ©seaux en ligne voir pour une discussion Ă©tendue Ellison, Steinfield et Lampe [2007]. En particulier, la protection de la vie privĂ©e engendrerait des contraintes diffĂ©rentes dans ces deux configurations, bien que la rĂ©vĂ©lation de soi soit toujours nĂ©cessaire pour tisser des liens. En particulier, les effets du contrĂŽle social rĂ©sultant de rĂ©seaux trop denses bonding peuvent ĂȘtre surmontĂ©s, du moins en partie, par le contrĂŽle des paramĂštres de confidentialitĂ© â une mesure qui s'avĂšre plus rarement nĂ©cessaire avec des liens de bridging, moins susceptibles d'engendrer des formes de sanction sociale. Ainsi, les utilisateurs sont amenĂ©s Ă appliquer diffĂ©rents niveaux d'auto-protection pour des cercles sociaux plus proches ou plus Ă©loignĂ©s [Dumas, Rothbard et Phillips 2008]. 21Une autre dimension cruciale du capital social en ligne est l'influence sociale, c'est-Ă -dire tout changement dans les pratiques ou les comportements induits par le contact avec autrui. L'Ă©tude de la vie privĂ©e, en particulier, doit tenir compte de la volontĂ© des utilisateurs d'adapter et affiner leurs traits de profil en rĂ©ponse aux commentaires de leurs relations et connaissances, un processus continu de rĂ©glage fin qui peut accompagner et soutenir le dĂ©voilement, dans l'effort de maintenir un niveau adĂ©quat de capital social. On rĂ©vĂšle ce qui peut attirer des jugements positifs par ses contacts, on cache le reste. Au final, le profil en ligne d'un utilisateur Ă©volue en fonction des prĂ©fĂ©rences de celui-ci, autant que de celles de ses contacts. Du point de vue thĂ©orique, on ne saurait trop insister sur les interrelations entre les processus d'influence sociale, de sĂ©lection des liens, et la rĂ©vĂ©lation de soi. La sĂ©lection dĂ©termine Ă quelle personne un contenu donnĂ© est rĂ©vĂ©lĂ©, tandis que l'influence dĂ©termine quel contenu est rĂ©vĂ©lĂ© Ă une personne donnĂ©e [Attrill 2012]. 22Somme toute, ce dĂ©voilement diffĂ©rentiel des informations personnelles n'est nullement un processus monotone, conduisant inĂ©vitablement d'un Ă©tat de plus forte protection de la vie privĂ©e Ă une nouvelle condition de publitude » gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Bien au contraire, les acteurs optimisent le dĂ©voilement d'informations personnelles en se positionnant le long d'un continuum dont ouverture » et fermeture » sont les extrĂȘmes. On peut penser que chaque interaction implique un processus dynamique d'Ă©valuation de la situation, d'adaptation au contexte, de catĂ©gorisation du contenu que les individus sont prĂȘts Ă partager avec leurs connaissances [Viseu, ClĂ©ment et Aspinall 2004]. Autrement dit, les choix des usagers tiennent compte du caractĂšre intrinsĂšquement plus ou moins apprĂ©ciable de l'information partagĂ©e, ainsi que de la structure et composition de leurs rĂ©seaux personnels en ligne, dans chaque type d'interaction [Nippert-Eng 2010]. Les diffĂ©rents comportements de dĂ©voilement sont motivĂ©s par un souci d'intĂ©gritĂ© contextuelle de l'information partagĂ©e [Nissenbaum 2004 ; 2009]. Dans la mesure oĂč les donnĂ©es ne sont pas sensibles par leur nature, mais selon leur pertinence par rapport Ă un milieu social de choix, le respect de la vie privĂ©e revient principalement Ă vĂ©rifier l'adaptation entre l'information dĂ©voilĂ©e, l'intention stratĂ©gique de son locuteur et le contexte de son dĂ©voilement Ă savoir la forme, structure et taille du rĂ©seau de contacts avec lesquels elles sont partagĂ©es. PĂ©nĂ©tration, rĂ©gulation, nĂ©gociation trois modĂšles de la vie privĂ©e 23Ainsi, il serait erronĂ© d'imaginer que le rejet de l'hypothĂšse de la fin de la vie privĂ©e » Ă©quivaut Ă affirmer que rien n'a changĂ© depuis l'essor du Web social. AssurĂ©ment, les sollicitudes actuelles Ă l'Ă©gard du partage non contextuel d'informations personnelles en ligne ne peuvent pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©es comme le rĂ©sultat d'une Ă©volution spontanĂ©e des attitudes et des comportements des seuls usagers â ni exclusivement des agissements des gĂ©ants du Web. Pour saisir les Ă©lĂ©ments de nouveautĂ© qui caractĂ©risent la protection des informations personnelles dans le cadre actuel, nous devons nous inscrire dans une perspective historique. Prendre du recul nous permet d'observer comment la prĂ©tendue publitude » prĂŽnĂ©e par les acteurs industriels, et crainte par les utilisateurs, cache une rĂ©alitĂ© bien diffĂ©rente la protection de la vie privĂ©e reste centrale, mais elle est soumise Ă un renouvellement des postures hĂ©ritĂ©es de la tradition libĂ©rale du XIXe siĂšcle â notamment du cĂ©lĂšbre right to be left alone, largement acceptĂ© comme principe fondateur dans la jurisprudence anglo-saxonne. 4 Pour dĂ©jouer le risque identifiĂ© par Tocqueville, que la dĂ©mocratie ne se transforme en une tyran ... 24Historiquement, la problĂ©matique de la privacy est indissociable du questionnement quant Ă l'impact social des technologies et des pratiques de circulation de l'information. Si ceci est explicitement visible dans le contexte contemporain de participation des publics et de dĂ©mocratisation d'accĂšs Ă la production d'information, il n'Ă©tait pas moins avĂ©rĂ© Ă l'Ă©poque qui prĂ©parait l'avĂšnement des mĂ©dias de masse. La presse populaire, le journalisme d'investigation et surtout le dĂ©veloppement de la presse illustrĂ©e sont autant d'innovations qui ont posĂ© â Ă une Ă©chelle certes plus rĂ©duite â d'importants problĂšmes d'invasion de l'intimitĂ© des sujets concernĂ©s. Selon Deigh [2012], les contours de la notion mĂȘme de privacy ne commencent Ă se dessiner qu'au moment oĂč, dans la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle, les Ă©ditions et la presse commencent Ă se structurer autour de la libre circulation d'informations via des dispositifs de plus en plus performants et invasifs vis-Ă -vis de la sphĂšre privĂ©e des personnes faisant l'objet des histoires relatĂ©es. En particulier le photojournalisme, avec sa portĂ©e documentaire sur la vie de personnages plus ou moins cĂ©lĂšbres, a Ă©tĂ© promptement reconnu comme rĂ©vĂ©lateur de la contradiction profonde entre deux principes dĂ©mocratiques d'une part le fonctionnement de la vie civique basĂ©e sur une citoyennetĂ© bien informĂ©e », de l'autre le respect du principe de non-nuisance Ă©noncĂ© par John Stuart Mill â dont le corollaire Ă©tait la reconnaissance du droit absolu de tout individu de tenir, dans les confins de sa propre sphĂšre privĂ©e, tout propos et conduite pourvu qu'il ne porte prĂ©judice Ă personne4. 25En reconnaissant l'inadĂ©quation de l'ancienne lĂ©gislation sur la calomnie, et en prolongeant le principe de non-nuisance, le juriste Louis Brandeis avait ainsi fourni sa propre dĂ©finition du droit au respect de l'intimitĂ©, Ă savoir, pour toute information ne revĂȘtant pas un intĂ©rĂȘt public, le droit du particulier Ă ĂȘtre laissĂ© tranquille » [Brandeis & Warren 1890]. Cette vision a constituĂ© la base des rĂ©flexions successives, influençant profondĂ©ment les systĂšmes juridiques, la pensĂ©e philosophique et les pratiques courantes des citoyens des pays occidentaux. Elle incarne lâapproche traditionnelle de la privacy as penetration [Fig. 2]. Figure 2 â SchĂ©ma la vie privĂ©e en tant qu'entitĂ© pĂ©nĂ©trable. 26La sphĂšre d'interaction de chaque individu est conçue comme un ensemble de cercles concentriques, dont le centre recĂšle des donnĂ©es qui seraient, par leur essence mĂȘme, privĂ©es ». Nous sommes lĂ face Ă une hiĂ©rarchie rigide des informations, allant des plus personnelles et nĂ©cessitant un maximum de protection, aux plus notoires, connues par autrui. Il y aurait donc un noyau sensible Ă protĂ©ger, le reste pouvant ĂȘtre aisĂ©ment rendu public, selon une vision nettement monodirectionnelle. Dans cette perspective, une invasion de la vie privĂ©e serait perpĂ©trĂ©e par un agent extĂ©rieur qui parviendrait Ă pĂ©nĂ©trer dans le noyau intime de la personne. 27Ce modĂšle, pour autant qu'il reprĂ©sente une situation idĂ©ale, est difficile Ă reconnaĂźtre et Ă appliquer dans la vie courante. Cela n'a pas manquĂ© d'Ă©veiller, Ă notre Ă©poque comme auparavant, de vives craintes de voir disparaĂźtre la privacy tout court. Les Ă©volutions successives des sensibilitĂ©s et des attitudes individuelles ont fait ressortir, dĂšs le milieu du XXe siĂšcle, la nĂ©cessitĂ© d'adapter ce schĂ©ma conceptuel pour rendre compte de la nature multiple et contextuelle de la privacy, que nous avons Ă©voquĂ©e plus haut la sphĂšre intime conçue comme composĂ©e de plusieurs Ă©lĂ©ments, tous potentiellement sensibles en fonction du milieu et des circonstances. De surcroĂźt, il est capital de reconnaĂźtre le rĂŽle actif des individus pour contrer la pĂ©nĂ©tration de leur sphĂšre intime. Les individus ne sont pas de simples victimes Ă la merci de forces extĂ©rieures, mais peuvent activement contribuer au dĂ©voilement ou au secret. Ainsi, Irwin Altman [1977] propose une approche de la privacy as regulation une notion cette fois-ci bidirectionnelle, considĂ©rant explicitement les efforts des individus pour limiter les intrusions de lâextĂ©rieur et plus gĂ©nĂ©ralement, pour gĂ©rer ce qui ressortit Ă leur sphĂšre personnelle [Fig. 3]. En acceptant ou en Ă©vitant des rencontres, en adaptant la frĂ©quence et l'intensitĂ© des Ă©changes, les individus mettent eux-mĂȘmes en place des comportements explicitement ou implicitement finalisĂ©s Ă trier de maniĂšre dialectique et dynamique l'ensemble des informations susceptibles de faire l'objet d'interactions sociales. Figure 3 â SchĂ©ma la vie privĂ©e en tant qu'entitĂ© rĂ©glable. 28Bien que conçue deux dĂ©cennies avant l'Ă©closion du Web, la thĂ©orie altmanienne est cohĂ©rente avec certains des Ă©lĂ©ments mentionnĂ©s dans la littĂ©rature sur la vie privĂ©e en ligne. Tout d'abord, dans un cadre de rĂ©gulation de la vie privĂ©e, les acteurs sociaux dĂ©ploient une volontĂ© stratĂ©gique pour composer avec les atteintes Ă leurs droits, crĂ©er et entretenir leurs espaces dâautonomie. En deuxiĂšme lieu, dans ce modĂšle, la privacy nâest pas une prĂ©rogative individuelle ; elle rĂ©sulte plutĂŽt d'un amĂ©nagement relationnel, qui prend en compte des Ă©lĂ©ments intersubjectifs. Elle nâest pas un Ă©tat dâisolement ; elle se modĂšle au contraire selon les impulsions venant des personnes avec lesquelles les individus interagissent. Chaque rencontre, chaque situation et chaque lieu entraĂźne une nĂ©gociation et une redĂ©finition de ce qui est public et de ce qui est privĂ©. 29La spĂ©cificitĂ© de la vie privĂ©e dans le Web social peut en partie s'interprĂ©ter en termes de privacy as penetration, ou monodirectionnelle, mettant l'accent sur la nĂ©cessitĂ© pour les usagers de maĂźtriser le paramĂ©trage de leurs profils afin de protĂ©ger ce qu'ils considĂšrent ĂȘtre un noyau de donnĂ©es sensibles. La notion de privacy as regulation, bidirectionnelle, est Ă©galement utile pour rendre compte des efforts des usagers pour adapter les traits qu'ils acceptent de dĂ©voiler Ă autrui influence sociale, en fonction de la structure et de la composition de leurs rĂ©seaux. Mais aucun de ces modĂšles ne rend compte de l'intĂ©gralitĂ© des enjeux de protection de la vie privĂ©e en ligne. Il faut alors avoir recours Ă un troisiĂšme modĂšle, qui peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme caractĂ©ristique de la communication mĂ©diatisĂ©e par les TIC, de sa nature dĂ©centralisĂ©e, complexe et multidirectionnelle. Nous adoptons pour ce modĂšle le nom de privacy as negotiation [Fig. 4]. Il permet de dĂ©crire des situations dans lesquelles le milieu social de chaque individu n'est pas donnĂ© a priori, mais est au contraire en train de se dĂ©finir sous ses yeux. Cette circonstance, qui renvoie typiquement au cas d'un usager rejoignant une plateforme de networking social, impose avant tout d'Ă©valuer le contexte d'interaction ses participants, limites, codes, etc. afin de pouvoir ajuster le contenu des communications. Pour un usager, la construction d'une prĂ©sence en ligne ne veut pas seulement dire se protĂ©ger contre les intrusions externes, mais aussi gĂ©rer les flux dâinformations que lui-mĂȘme envoie vers l'extĂ©rieur. Pour ce faire, chaque individu procĂšde normalement Ă un dĂ©voilement progressif d'informations personnelles visant Ă solliciter des rĂ©actions de la part de la communautĂ© des interacteurs. 30Aucune de ces donnĂ©es partagĂ©es n'est privĂ©e ou publique en soi elle reprĂ©sente en quelque sorte un signal que les usagers envoient Ă leur environnement ici, les membres de leurs rĂ©seaux personnels en ligne, afin de recevoir un retour feedback dudit environnement. Sur cette base, ils peuvent ensuite adapter les signaux qu'ils envoient successivement Ă leur environnement, recevoir du nouveau feedback, et ainsi de suite [Donath 2007]. Surtout, c'est aprĂšs la collecte de ces retours et Ă©valuations qu'il est possible de savoir quelles informations doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme privĂ©es et lesquelles peuvent au contraire ĂȘtre dĂ©voilĂ©es. Figure 4 â SchĂ©ma la vie privĂ©e en tant qu'entitĂ© nĂ©gociable. 31Dans cette acception de la privacy, dont la forme ne va pas sans Ă©voquer le classique modĂšle en lentille d'Egon Brunswik [1955], le dĂ©voilement va de pair avec l'adaptation progressive aux signaux venant de lâenvironnement social [Utz 2010]. 32Parce qu'elle est basĂ©e sur la recherche d'un accord entre plusieurs parties, plus que sur une rĂ©gulation Ă©manant d'une seule d'entre elles, cette vision de la vie privĂ©e est assimilable Ă une nĂ©gociation. Les acteurs recherchent une consonance, confrontent leurs intĂ©rĂȘts, sont prĂȘts Ă des concessions mutuelles en termes de dĂ©voilement et d'accĂšs Ă des informations potentiellement sensibles. La perte de privacy sur certains Ă©lĂ©ments nâĂ©quivaut pas Ă une dĂ©bĂącle incontrĂŽlĂ©e, mais plutĂŽt Ă une retraite stratĂ©gique sur certains points au sujet desquels la nĂ©gociation est difficile. On accepte de ne pas dĂ©ployer des efforts imposants quand on sait que lâon nâa pas beaucoup de chances de rĂ©ussir, mais on concentre les efforts ailleurs par exemple sur la crĂ©ation de privilĂšges diffĂ©renciĂ©s dâaccĂšs au profil, en autorisant seulement certains individus Ă atteindre certains contenus. 33C'est dans cette perspective que le dĂ©voilement de soi accompagne les processus complexes de sĂ©lection et d'influence, de constitution du capital social en ligne et du contrĂŽle des coĂ»ts qu'il engendre, de recherche d'un Ă©quilibre entre relations de bonding et de bridging, dont il a Ă©tĂ© question plus haut. La confidentialitĂ© et l'intimitĂ©, non plus dĂ©pendantes uniquement des idiosyncrasies individuelles, deviennent donc contextuelles, sujettes Ă concertation collective. Conclusion la nĂ©gociation de la privacy comme processus collectif 34Nos sociĂ©tĂ©s assistent non pas Ă la fin inĂ©luctable de la vie privĂ©e, mais Ă une reformulation et Ă un Ă©largissement de notre comprĂ©hension et de nos modalitĂ©s de construction sociale de nos sphĂšres personnelles. Notre vision de la vie privĂ©e a changĂ© jusqu'Ă devenir presque mĂ©connaissable. Mais notre besoin de protĂ©ger notre intimitĂ© et nos informations personnelles est bel et bien lĂ . Si certains ont pu croire, Ă un moment, Ă la possibilitĂ© de renoncer aux valeurs de la privacy, c'est Ă cause de l'ampleur mĂȘme de nos attentes Ă l'Ă©gard de sa protection. Nous sommes passĂ©s d'une vision monodirectionnelle et idĂ©alisĂ©e de la vie privĂ©e, envisagĂ©e comme un noyau de donnĂ©es sensibles exposĂ©es au risque d'une pĂ©nĂ©tration depuis l'extĂ©rieur, Ă une nouvelle vision de la privacy comme nĂ©gociation incessante, dans un cadre de complexitĂ© sociale et technologique. 35La conceptualisation de la vie privĂ©e qui en ressort est façonnĂ©e Ă la fois par les attitudes et les comportements variĂ©s d'une multitude d'utilisateurs en rĂ©seau, par les efforts d'entrepreneuriat de morale » des acteurs Ă©conomiques, par des dynamiques historiques et des transformations des lĂ©gislations nationales. La notion de privacy as negotiation permet Ă©galement de prendre en compte les motivations des utilisateurs individuels, dans leur articulation avec les intĂ©rĂȘts du secteur privĂ©, d'une part, et les pouvoirs Ă©tatiques, de l'autre. La nĂ©gociation de la vie privĂ©e se vit avant tout comme une nĂ©gociation collective, conflictuelle et itĂ©rative, visant Ă adapter les rĂšgles et les termes d'un service aux besoins de ses utilisateurs. Le processus de dĂ©termination des conditions d'usage est jalonnĂ© par une sĂ©rie de batailles et de controverses que les acteurs publics ont encore du mal Ă encadrer et rĂ©soudre â mais que les propriĂ©taires de grandes exploitations de donnĂ©es et les concepteurs de plateformes de socialisation en ligne sont encore loin dâavoir gagnĂ©es.
12 bonjour tou le monde se ke je peu te dire rajaouiparis c ke leh y3wnak moi aussi j le meme perobleme mĂ© moi je rentrĂ© en france en mai 2007 par regroupement familial et ce ve pa bien avec mon mari et moi j risqe de perdu ma carte parceke j ke de un an j rentĂ© ona rentrĂ© au maroc pour fĂ©tĂ© l aid apres il rentrĂ© en france il ma laissĂ© au maroc il etait avec une autre apres j rentrĂ© avec ses parents mĂ© il m'a aps laissĂ© rebtrĂ© dans parceke il avait sa maitresse avec lui il m'as tapĂ© j deposĂ© plainte j un certificat medical kan j vu une assisatnate elle m'as di il ya une ereure au niveau de carte parecke la loi di kan on rentre en france par regroupement familial et le mari a une carte de 10 ans automatiquement on aura de 10 mĂ© moi j eu ke de un an pour l'instant je suis deprimĂ© je sĂ© koi faire surtou j pas untravail je veux bien ke vou m'aidez et merci tu devrais prendre un avocat, ou voir une association je pense que du fait qu'il t'ai tapĂ©, on ne t'enlĂšveras pas tes papiers.. l'assistante n'est pas au courant des derniers trucs qui se passent! mĂȘme si la personne qui t'a fait venir a une carte de 10 ans, c'est automatique maintenant, tu as une carte de 3 x 1 an et ensuite une de 10 bon courage
La voie dâadmission au sĂ©jour au titre des liens personnels et familiaux Ă©tablis en France par un ressortissant Ă©tranger est la traduction de la protection du droit au respect de la vie privĂ©e et familiale telle que consacrĂ©e par la Convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de lâ qui Ă©tablit que le centre de ses intĂ©rĂȘts privĂ©s et familiaux se situe en France sans quâaucun Ă©quivalent ne puisse ĂȘtre retrouvĂ© dans le pays dâorigine ou de renvoi et que la mise en Ćuvre dâun Ă©loignement entraĂźnerait une atteinte disproportionnĂ©e au respect de sa vie privĂ©e et familiale, se voit dĂ©livrer une carte de sĂ©jour temporaire dâune durĂ©e dâun revient au demandeur de justifier De lâintensitĂ©, de lâanciennetĂ© et de la stabilitĂ© de ses liens ; De ses conditions dâexistence ; De son insertion dans la sociĂ©tĂ© française De la nature de ses liens avec la famille restĂ©e dans le pays dâorigine. I. Les mesures relatives Ă lâadmission au sĂ©jourLa carte de sĂ©jour temporaire CST mention vie privĂ©e et familiale » est dĂ©livrĂ©e de plein droit Ă lâĂ©tranger qui remplit un certain nombre de critĂšres. Les critĂšres Ă©numĂ©rĂ©s ci-aprĂšs constituent des Ă©lĂ©ments dâapprĂ©ciation de la demande et ne conditionnent pas son enregistrement sauf demande manifestement dilatoire ou abusive ni sa Les critĂšres permettant d'apprĂ©cier la qualitĂ© des liens personnels et familiaux en France1. Existence dâune vie familiale de lâĂ©tranger en FranceLa vie privĂ©e et familiale est en principe limitĂ©e Ă la famille nuclĂ©aire relation maritale et/ou filiale.La relation de couple est Ă envisager tant au point de vue du mariage, du concubinage que du PACS, Ă©tant entendu que lâun au moins des deux membres du couple doit ĂȘtre en situation ne doit pas vivre en Ă©tat de AnciennetĂ© de cette vie familiale LâanciennetĂ© du sĂ©jour en France de lâĂ©tranger demandeur doit ĂȘtre supĂ©rieure Ă 5 ans. LâanciennetĂ© du sĂ©jour en France de la famille nuclĂ©aire conjoint, concubin, parents, fratrie doit aussi ĂȘtre au moins Ă©gale Ă 5 ans. 3. IntensitĂ© des liens qui unissent le demandeur Ă sa famille en FranceLâĂ©tranger doit dĂ©montrer que lâessentiel de ses liens familiaux rĂ©side en France en dĂ©montrant quâil nâa plus de lien familial direct avec son pays dâorigine ou qu'il a de nombreux liens familiaux en France ; quâil entretient avec sa famille installĂ©e en France des relations certaines et continues ; qu'il a pu, le cas Ă©chĂ©ant, bĂ©nĂ©ficier d'une aide matĂ©rielle et Ă©conomique lui permettant de ne pas vivre dans une situation d'extrĂȘme prĂ©caritĂ© sociale. 4. StabilitĂ© de cette vie familialeIl est indispensable quâau moins un membre de la famille proche du demandeur dispose dâun titre de sĂ©jour en cours de validitĂ© ou soit de nationalitĂ© Lâinsertion dans la sociĂ©tĂ© françaiseCe critĂšre diffĂšre de la condition dâintĂ©gration rĂ©publicaine prĂ©vue pour accĂ©der Ă certaines cartes de rĂ©sident. Il s'agit seulement de sâassurer ici que le ressortissant Ă©tranger justifie se conformer aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la RĂ©publique la libertĂ© de conscience, de croyance, dâopinion et dâexpression, de rĂ©union ou d'association, respect des principes de sĂ»retĂ© et d'Ă©galitĂ© entre hommes et femmes, la laĂŻcitĂ© etc..6. La nature des liens de lâĂ©tranger avec la famille restĂ©e dans le pays dâorigineLâĂ©tranger doit apporter la preuve que lâessentiel de ses liens familiaux se trouvent en France. B. Liens privĂ©s et familiaux et regroupement familialLes Ă©trangers appartenant Ă des catĂ©gories qui ouvrent droit au regroupement familial ne peuvent se prĂ©valoir de liens privĂ©s et familiaux pour ĂȘtre Ă©ligibles Ă la CST "vie privĂ©e et familiale". En principe, lâĂ©tranger pouvant venir lĂ©galement en France sous couvert du regroupement familial voit rejetĂ©e sa demande dâadmission au sĂ©jour. Cette position stricte peut en fait ĂȘtre nuancĂ©e par le juge, dĂšs lors que lâanciennetĂ© et lâintensitĂ© des liens personnels en France sont suffisamment Les ressortissants algĂ©riensUn certificat de rĂ©sidence dâun an est dĂ©livrĂ© de plein droit aux AlgĂ©riens dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus dâautoriser leur sĂ©jour porterait une atteinte disproportionnĂ©e au respect de leur vie privĂ©e et familiale. Les critĂšres tels que les conditions dâexistence, lâinsertion dans la sociĂ©tĂ© française, ne sont pas prĂ©cisĂ©s dans lâaccord.
changement de statut étudiant à vie privée et familiale